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Les aliments bio, une illusion ?

13 février 2018

La semaine dernière, en perdant mon temps sur FB (ça m’arrive ;-), j’ai accroché sur un commentaire d’une (gentille) madame qui affirmait, d’un ton assuré, sur une page qui fait la promotion du bio au Québec : Le bio, une illusion santé !

Rien d’autre. Pas d’argument. Juste une affirmation. Vive les réseaux sociaux !

Puis ça m’a rappelé ma belle-mère qui me disait la même chose, il n’y a pas plus d’un an.

Ok. Parlons-en du bio.

Le complot ou l’enjeu ?

Alors le bio, est-ce seulement un complot marketing pour augmenter le prix des patates ?

Une carotte, c’est une carotte ! Vrai. Ça, tout le monde est d’accord. Alors, est-ce qu’il y a une différence significative entre le bio et le non bio pour la santé ? Non.

D’un point de vue nutritif, les chercheurs sont assez formels, il y a très peu de différence entres les aliments frais bio et non bio. La différence entre la teneur en vitamines, minéraux et antioxydants n’est pas assez significative pour affirmer que les aliments biologiques sont supérieurs d’un point de vue nutritionnel.

Alors, pourquoi acheter bio ?

Parce que (pas) meilleur, ne veut pas dire (moins) bon ! Certes, ça s’équivaut d’un point de vue nutritionnel, mais quand est-il d’un point de vue environnemental ?

Acheter bio, c’est aussi un choix. Une décision personnelle qui influe sur notre personne mais aussi sur notre environnement.

Acheter bio, c’est encourager un mode de production ou de transformation axé sur la protection de l’environnement, qui contribue à l’économie locale, qui encourage la saine alimentation et qui protège son capital humain et animal.

Acheter bio, c’est refuser que la (grosse) industrie agroalimentaire se préoccupe davantage de son portefeuille que des (grosses) conséquences environnementales de ses avancées chimiques et technologiques (augmentation des émissions de gaz à effet de serre, dégradation des sols et de l’eau, reculs marqués de la biodiversité, etc.).

Les règles et le bio

Le bio a ses règles. Ce n’est pas un monde ésotérique qui vit en parallèle de nos réalités quotidiennes. L’agriculture et l’élevage biologique sont soumis à une règlementation importante, ici et ailleurs, pour protéger la santé des travailleurs, des ménages agricoles, des terres, des animaux et de notre environnement.

Tel que le mentionne la nutritionniste Isabelle Huot dans son article Le bio un marché en forte croissance (Journal de Montréal), pour qu’un produit soit certifié biologique, il doit respecter plusieurs normes :

L’agriculture biologique interdit :

  • les pesticides et herbicides chimiques
  • les fertilisants de synthèse et de boues d’épuration
  • les semences issues d’OGM

L’agriculture biologique valorise :

  • le désherbage de façon mécanique ou thermique
  • le renforcement des sols (la rotation des cultures, l’usage d’engrais naturels et l’épandage de matières organiques compostées)
  • l’emploi de semences originales

L’élevage biologique interdit :

  • l’usage d’antibiotiques et d’hormones de croissance
  • l’usage de farine animale dans la diète
  • la surpopulation animale dans les bâtiments fermés

L’élevage biologique valorise :

  • les thérapies alternatives ou le retrait de l’animal si l’usage d’antibiotiques est nécessaire
  • une diète biologique
  • des conditions de vie décentes (air frais, lumière et espace)

Les produits transformés biologiques sont exempts :

  • de colorants chimiques, d’additifs de synthèse et d’arômes artificiels
  • d’agents de conservation
  • d’irradiation (pour la conservation)

Pourquoi ça coûte plus cher ?

Le bio est généralement plus dispendieux parce que son exploitation est plus coûteuse que la monoculture des grandes entreprises agricoles. Les entreprises biologiques doivent assumer des dépenses supplémentaires concernant la production, la main-d’œuvre et la certification.

Sans compter, que l’espace sur les tablettes coûte plus cher parce qu’il y a moins d’offre et de roulement. Les détaillants augmentent donc les tarifs pour rentabiliser les pertes. Pour toutes ces raisons, la facture peut être plus élevé en épicerie.

Par contre, il est possible de diminuer le coût des aliments bios en faisant des achats groupés, en achetant directement chez les fermiers, en s’abonnant à des paniers bios, en achetant dans une épicerie bio de notre quartier et en suivant les aubaines de la semaine. Il existe donc des alternatives pour manger bio sans devoir casser sa tirelire.

N’est pas bio, celui qui n’est pas certifié

Au Québec, six organismes de certification sont accrédités par le CARTV (Conseil des appellations réservées et des termes valorisants) : Ecocert Canada, Letis S.A, Québec-Vrai, Pro-Cert Organic, QAI inc. et TCO Cert.

Pour être certain d’acheter bio assurez-vous de retrouver l’inscription « Certifié par », suivie du nom de l’organisme certificateur. Quant à la présence du logo, elle est facultative.

L’offre et la demande en augmentation

Selon le site Le Québec Bio, le nombre d’entreprises détenant une certification biologique est passé de 1 592 à 2 025 en une seule année, dénotant une augmentation de 27 %. D’autre part, le nombre de produits bio au Québec a atteint le chiffre de 9 500, ce qui représente 2 000 de plus qu’en 2016.

Conclusion

Alors le bio, une illusion ? Sérieusement, entre manger une carotte cultivée aux pesticides et une carotte sans pesticide, la décision n’est pas trop difficile à prendre, même pour quelques sous de plus.

Et, c’est ainsi que tranquillement la demande continuera d’augmenter pour des aliments sans produit chimique dans notre assiette…

 

Références sur le sujet :

 

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6 Commentaires

  • Reply Lexie 15 février 2018 at 14:52

    Iga, Provigo, Avril, et l’ete au marché Longueuil, les légumes y sont délicieux (de vrais trucs du jardin, goûteux)

    • Reply laPiqûre 15 février 2018 at 14:57

      Marché de Longueuil, j’avais vu un de tes posts là-dessus. Faut que je teste l’été prochain. Un Avril aux Promenades, ça serait génial ;-)

  • Reply Lexie 15 février 2018 at 14:26

    J’en suis venue au stade où si ce n’est pas bio généralement je n’achete Pas (je vais privilégier un autre légume proposé en bio)

    • Reply laPiqûre 15 février 2018 at 14:28

      Moi aussi, mais je trouve que c’est plus difficile l’hiver. Tu vas où pour acheter ton bio ?

  • Reply Charlène 14 février 2018 at 16:32

    J’ai appris beaucoup de choses en te lisant et moi qui avait certains préjugés sur le bio, je pense que c’est toujours intéressant de continuer de s’informer sur des sujets vers lesquels on ne se tourne pas toujours :)

    • Reply laPiqûre 15 février 2018 at 09:34

      Merci Charlène. En effet, il y a malheureusement encore des préjugés sur le bio… pourtant c’est tellement favorable ;)

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